Historique

 

Musée minéralogique de l'Abitibi-Témiscamingue

 

Introduction

L’histoire du musée, consacré à l’industrie minière de Malartic, remonte au début des années 1970. Au cours des ans, l’établissement a subi plusieurs transformations importantes. L'année 2022 marque le 50e anniversaire de son inauguration. La Société d’histoire de Malartic veut à cette occasion rendre hommage aux artisans du musée en se remémorant son développement. De ses modestes débuts, le premier musée est remplacé par un nouvel édifice plus grand et moderne en 1979 et, en 2008, un important agrandissement permet l’ajout d’une salle d’exposition.

 

Musée minier de Malartic. 1975.

 BAnQ, Robert Furness. Publication et archives gouvernementales. Fonds Ministère des Communications, E10, S44, SS1, D75-667.

 

Musée minier de Malartic

Le premier musée est aménagé dans l’édifice Trinity United Church, érigé en 1938 sur la rue de la Paix, une bâtisse de 60’ x 25’, avec la participation de ses paroissiens. Au cours des années 1960, suite à la fermeture de mines, de nombreux paroissiens quittent Malartic et l’édifice est rendu disponible. Le bâtiment est convoité par différents organismes. Les administrateurs voient alors d’un bon œil le projet lié à l’industrie minière. Le musée permettrait de « sauvegarder ce qui a été le souffle de vie de notre ville », selon les mots de Marcel Rousson, de favoriser le tourisme et de permettre à la population de prendre connaissance de cette importante partie de l’histoire de notre ville. En 1971, la Ville de Malartic achète donc, de la Corporation de l’Église Unie, les bâtisse et terrains situés sur les lots 140 et 140-1 du bloc 3, canton de Fournière, au coût de 1000 $.

Une orientation nouvelle est ainsi donnée à l’édifice religieux. Grâce à l’implication de Paul Dorion, instigateur du projet, de la Commission industrielle présidée par Denis Ménard et de nombreux autres bénévoles, dont des mineurs retraités, le Musée minier de Malartic, le premier de la province, est inauguré le 16 septembre 1972. Des exhibits (équipement minier, échantillons de minerai, outils, etc.) renseignent les visiteurs sur l’industrie et le travail des mineurs. Une descente sous terre simulée à l’aide d’un ascenseur fait partie de l’expérience des visiteurs : oscillations de la cage, signaux d’alarme…

 

Au fil des ans, le musée diversifie son offre et accueille de plus en plus de visiteurs. Mais le financement des dépenses courantes est difficile. Cependant, le vent tourne et le musée reçoit d’importantes subventions provinciales et fédérales.

 

Vue d'une exposition présentée au musée alors que sont apparentes les structures de l'ancienne Trinity United Church 

SHM, Fonds. Musée minéralogique de l'Abitibi-Témiscamingue


Musée régional des Mines et des Arts

En avril 1978, les administrateurs embauchent la première directrice du Musée régional des Mines et des Arts, madame Pauline Archambault. Elle travaille à réaliser le changement d’orientation du musée, soit de présenter des expositions associées aux mines et aux arts dans un nouveau musée plus grand et plus moderne. Mais pour cela, il faut démolir l’ancienne église, ce qui suscite l’opposition de certains citoyens qui souhaitent que soit préservé cet édifice qui fait partie de l’histoire de Malartic.

Le projet va de l’avant puisqu’une subvention du ministère des Affaires culturelles de 300 000 $ le soutient. Les plans des architectes Blais et Bélanger sont retenus. La forme de la nouvelle bâtisse, à l’aspect d’une masse rocheuse, et son revêtement extérieur en acier Corten font allusion au monde minéral, tandis que son enseigne rappelle un chevalement. Le nouvel édifice est inauguré en juin 1979 en présence du ministre québécois des Affaires culturelles, monsieur Denis Vaugeois. Une attention est également portée à la cour extérieure par la disposition d’anciennes machines ayant servi au travail des mineurs, attrayantes pour les visiteurs.  

 

 

En 1979, monsieur Yvon Forgues est nommé directeur du Musée et le guidera jusqu’en décembre 1983. La Commission industrielle de Malartic projetait d’y ajouter la visite souterraine d’une véritable mine, ainsi que le rapporte Léon Bernard, journaliste à La Presse Perspectives-Dimanche. Au cours de l’année 1980, quelque
20 000 visiteurs profitent du Musée, semble-t-il.

 

Yvon Forgues, directeur du musée de 1979 à 1983

 

Depuis le début de l’existence du musée, des demandes d'octrois gouvernementaux permettent l’embauche annuelle de guides et de recherchistes. Certains ont formé un noyau de base de recherche et d’animation, dont Yvon Forgues, Michèle Girard, Jean Massicotte et Serge Paquin.

Dans cette période, d’importantes expositions sont présentées : « Tendance de la sculpture québécoise 1960-1970 », réalisée par le Musée d’Art contemporain à partir de la collection permanente, qui donne accès à des œuvres de Charles Daudelin, Ulysse Comtois, Françoise Sullivan… Du même musée, en 1980 cette fois, nous pouvons profiter d’une exposition de photos de 1900 à 1950 et, en 1981, d'une exposition d’art africain. La population a également la possibilité d’assister à des spectacles de chansonniers, par exemple.

 

 

En 1981, une campagne de financement est organisée afin d’amasser 50 000 $. Un forêthon de 80 km se déroule de Rouyn à Malartic, pendant cinq jours. Outre le directeur, une douzaine de personnes y participent, dont messieurs Jean-Paul Bordeleau, député, et Serge Martel, directeur de la Base Plein Air du lac Mourier.

En 1982, lors de la campagne de financement, un tirage est organisé. Le prix, un « Voyage autour du monde », est remis lors du premier Gala annuel du musée, le 28 décembre à l’Auditorium de l’école Renaud. À la fin de l’année 1983, le musée est fermé pendant un mois pour permettre des rénovations intérieures : étiquetage, présentation par thèmes (prospection, extraction…).

Monsieur Yvon Forgues quitte afin de relever un nouveau défi. Il est remplacé par madame Michèle Girard, employée comme publicitaire depuis 1981. Elle travaille à la réouverture du musée en mai et présente l’Exposition minière, la première, en collaboration avec Minerais Lac Ltée, en septembre 1984. Plus de 250 personnes assistent à l’ouverture. En quelques mois, le musée accueille 7 000 visiteurs. En avril 1985, un tirage de 40 onces d’or est organisé, à partager en plusieurs prix, et des dons sont faits par Minerais Lac Ltée (5 000 $) et la Ville (7 000 $).

Cependant, le volet artistique est délaissé et l’institution prend le nom de Musée régional des Mines de Malartic. Rappelons qu’une seule mine, Camflo Mines est encore en production. La pertinence de l’établissement muséal est alors évidente : seul organisme à Malartic à rappeler les principaux aspects de cette industrie qui a fait vivre la population depuis 1935. Puis, en février 1986, monsieur Jean Massicotte, employé depuis un an, est le quatrième à prendre la direction du musée.

 

Vers le Musée minéralogique de l’Abitibi-Témiscamingue

Sous la gouverne de Jean Massicotte, la mission de l’établissement prend de l’ampleur sous plusieurs aspects. Outre le financement toujours à l’agenda, le directeur approfondit la mission pédagogique du musée.

Le financement de l’administration du musée est en partie assuré par des programmes fédéral, provincial et municipal. Aussi, de 1985 jusqu’aux années 2000, un tournoi de golf annuel rassemble plus de 100 golfeurs représentant 12 compagnies minières. Les entreprises minières locales contribuent au développement du musée. La boutique, un apport intéressant, offre agates, géodes, bijoux et documents liés à l’industrie minérale.

En 1986, le directeur organise, en collaboration avec des entreprises minières, le Festival minier, au cours duquel se déroulent des compétitions de forage, des démonstrations de machinerie minière, des spectacles, un tournoi de balle… Puis, quelques années plus tard, cette activité s’ouvre sur l’industrie forestière et devient l'Exposition minière et forestière, présentée aux deux ans et toujours active de nos jours. Plus de 120 exposants ont participé à la 26e édition, en 2019.

En 1987, année des Grandes Retrouvailles organisées par le Comité du Cinquantenaire de la paroisse, 15 000 personnes profitent de leur passage pour visiter le musée.

En 1996, d’importants changements sont apportés au musée, grâce à des investissements de près de 750 000 $. Transformation complète des installations intérieures, renouvellement de l’exposition permanente, ajout d’une collection régionale et internationale de minéraux, construction d’un chevalement pour annoncer le musée, le tout en vue de la célébration du 25e anniversaire en 1997. Une nouvelle appellation lui est donnée, soit Musée minéralogique de Malartic.

 

          


Au début des années 2000, le directeur du musée fonde le Club minéralogique de l’Abitibi-Témiscamingue dans le but de faire connaître la géologie et la minéralogie de notre région. Des excursions sont organisées sur des sites miniers. Cependant, la reprise des activités minières quelques années plus tard limite l’accès à plusieurs sites.

Monsieur Massicotte développe en 2002 des Trousses éducatives sur le thème des roches et minéraux, qui sont offertes gratuitement aux écoles pour les clientèles de niveau préscolaire et premier cycle du primaire. À la même période, une nouvelle Trousse Cinémanima Explo Terre comprenant 100 échantillons de roches, minéraux et différents objets est offerte, exigeant l’utilisation d’une panoplie de stratégies d’apprentissage.

En 2002, le Musée participe, avec d’autres organismes culturels de la région, à l’élaboration d’une Carte géotouristique de l’Abitibi-Témiscamingue afin de découvrir et de cueillir des échantillons de roches et de minéraux sur différents sites du territoire : Malartic (or et pyrite), La Motte (orthose, mica), Preissac (béryl), Rouyn-Noranda (cuivre, gabbro)… Ce projet a favorisé l’organisation d’excursions pour mettre en valeur la Route des Prospecteurs de l’Abitibi-Témiscamingue.

En 2004, Minéralis, un cédérom interactif qui présente une visite virtuelle d’une mine souterraine, est réalisé conjointement par La Cité de l’Or et le Musée minéralogique, grâce à la participation financière de Patrimoine Canada et Télé-Québec, entre autres supporteurs.

L’année 2006 est prolifique puisque plusieurs expositions sont mises sur pied. L’association minière du Québec cède au musée l’ensemble de son exposition « Du roc au métal ». Une exposition thématique itinérante, « L’éternel triangle », consacrée au triangle minéral Ontario-Québec du Bouclier canadien, est produite par la Cité de l’or et le Musée minéralogique, et réalisée par Cinémanima. Il s’agit d’une exposition accessible aux musées, aux centres d’exposition et aux centres d’interprétation du Canada. Une autre exposition, réalisée par madame Nicole Catellier, de la compagnie Cinémanima, intitulée « Chroniques de la Vallée–de-l’Or. Portraits de bâtisseurs », rend hommage à des pionniers, dont certains de Malartic.

 

 « Chroniques de la Vallée-de-l'Or. Portraits de bâtisseur ». 2006. Exposition permanente itinérante à Malartic.

Fonds Musée minéralogique de l'Abitibi-Témiscamingue

 

En 2007-2008, le directeur entreprend, en collaboration avec la Ville, un agrandissement du musée qui inclut une grande salle d’exposition de 254 m2 nommée Paul-Dorion. Il s’agit d’un édifice à charpente hybride bois/acier, au coût de 2 100 000 $, réalisé par ARTCAD Groupe conseil Inc. de Rouyn-Noranda. Il abrite aussi la Bibliothèque municipale. L’ensemble est inauguré le 24 octobre 2008. Entre 2008 et 2014, des expositions s’intéressent à l’histoire de Malartic et de sa population dans le cadre du développement minier. La Société d’histoire de Malartic est invitée à y participer. L'exposition de 2014, intitulée « Malartic. Un regard sur 75 ans d’histoire », a donné lieu à la production d’un intéressant catalogue.

 

     

 

En 2011, à compter de l’ouverture de la plus grande mine à ciel ouvert en exploitation au Canada, une visite est offerte aux visiteurs du musée en collaboration avec la Mine Canadian Malartic. Un monument dédié aux mineurs décédés le 24 avril 1947 dans la mine East Malartic est érigé en 2011 sur le terrain du musée à l’instigation de la Société d’histoire de Malartic. De 2011 à 2019, le musée a accueilli 30 493 visiteurs.

Depuis le 19 novembre 2018, le nom de Musée minéralogique de l’Abitibi-Témiscamingue illustre la vocation régionale de l’établissement. Ce rôle de diffuseur de connaissances est bien évident dans l’exposition virtuelle intitulée « Ruées vers l’or, des mines, une ville : Malartic » présentée sur le site Histoires de chez nous.

Pendant la pandémie de COVID-19, les activités du musée sont mises en veilleuse. Depuis la reprise, les visiteurs sont au rendez-vous. Les expositions qui leur sont proposées explorent des thématiques variées : « Coup de veine sur le territoire », « Giga histoire », « La pierre dans tous ses états », « Filon vers les collections » et « Le cycle minier; les mines et l'environnement », réalisées par Cinémanima.

La « Visite du musée 360 » permet également de profiter à distance de l'exposition permanente du musée. Sous la forme d'une vidéo, cette exposition virtuelle fait découvrir les cinq salles de l'exposition, et ce, de façon interactive!

 

 

Le 16 septembre 2022, pour souligner les 50 ans du musée, a lieu l’inauguration d’une exposition comprenant des articles de journaux, des photos, des objets anciens : poinçonneuse, balances… ainsi que des pierres.

 

 

Conclusion 

Le Musée minéralogique de l’Abitibi-Témiscamingue est le seul édifice public de la rue de la Paix conservé lors de la démolition du quartier pionnier pour faire place à la plus grande mine d’or à ciel ouvert en milieu urbain au Canada.

Pendant près de 40 ans, Jean Massicotte a assumé la direction du musée et en a fait un lieu d’accueil culturel, un attrait touristique majeur pour la ville de Malartic et la région, en répondant à l’intérêt des visiteurs pour le domaine minier. En 2024, madame Chantal Moore, auparavant adjointe administrative et animatrice culturelle au musée, a pris le relai en tant que directrice. Dans ses fonctions, elle est soutenue par un conseil d’administration. Le musée bénéficie en outre d'un financement récurrent du ministère des Affaires culturelles du Québec, de la Ville de Malartic, des mines et d’entreprises de fournisseurs miniers.

Au fil des ans, le musée a reçu de nombreux prix, dont le Grand prix du tourisme québécois en 1994. Reconnu à l'échelle locale par la Chambre de Commerce de Malartic, il a également reçu des prix régionaux, notamment le prix Attraction de l’Association touristique de l’Abitibi-Témiscamingue, en 2012. Le 27 juillet 2022, monsieur Pierre Dufour, député d’Abitibi-Est, a remis une médaille de l’Assemblée nationale pour souligner le 50e anniversaire du Musée minéralogique de l’Abitibi-Témiscamingue.

 

Médaille de l'Assemblée nationale du Québec offerte à l'occasion du 50e anniversaire du musée.

Elle représente l'Hôtel du Parlement. L'œuvre a été réalisée par l'artiste Serge Santucci.

 

Texte rédigé en 2022 par Nicole Dumas, en collaboration avec Carole St-Jarre.

Révisé et mis à jour en 2026 par Mylène Fréchette.

 

DOCUMENTS CONSULTÉS

  • La Frontière (1937-1950).
  • La Gazette de Malartic (SHM : 1975-1979).
  • Le Courrier de Malartic (SHM : 1965-2005).
  • Le P’tit Journal de Malartic (SHM : 2006-2016).
  • Lambert, Louise (2014). Portrait des arts et de la culture en Abitibi-Témiscamingue 2007-2014. Conseil de la culture de l’Abitibi-Témiscamingue.
  • Massicotte, Jean. (1992, été). « Le musée minier de Malartic ». Continuité, no 54, p. 17-18. Disponible en ligne.
  • Société d’histoire de Malartic. Fonds d’archives. Malartic.

Exposition
permanente

Le Musée minéralogique de l'Abitibi-Témiscamingue présente une exposition sur la géologie est les projets miniers de la région ainsi que des minéraux provenant de partout dans le monde.

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Expositions
virtuelles

Trois expositions virtuelles disponibles.

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Exposition
temporaire

Exposition Minéraux; plus de 90 spécimens spectaculaires provenant des collections nationales canadiennes.

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